Téléchargement: Megaupload fermé, les Anonymous ripostent
C'est la premirère la première bataille d'une longue guerre à venir. La justice américaine a ordonné jeudi la fermeture du site Megaupload.com, plateforme emblématique et controversée du téléchargement direct sur internet, accusée de violation des droits d'auteur. Aussitôt, les pirates d'Anonymous ont répliqué en annonçant avoir mis hors service le site du FBI, d'Universal Music ou du ministère de la Justice américain.
Quatre responsables du site basé à Hong Kong, dont son fondateur, Kim Dotcom, 37 ans, ont été interpellés à Auckland (Nouvelle-Zélande) sur la base de mandats d'arrêt délivrés par les Etats-Unis. Le FBI (police fédérale américaine) et le ministère de la Justice américain ont estimé, dans un communiqué commun, qu'il s'agissait de l'une des plus «grandes affaires de violation de droits d'auteur jamais traitées aux Etats-Unis».
Dans la nuit de jeudi à vendredi, Nicolas Sarkozy s'est félicité de cette opération à travers un communiqué : «La lutte contre les sites de téléchargement direct ou de streaming illégaux, qui fondent leur modèle commercial sur le piratage des oeuvres, constitue une impérieuse nécessité pour la préservation de la diversité culturelle et le renouvellement de la création».
Suivez les événements en direct:
9h25. Au coeur de Megaupload. Owni a récemment réalisé une enquête sur Megaupload, dans laquelle on en apprend beaucoup sur Kim Schmitz, l'homme qui serait à la tête du réseau «MegaWorld».
9h10. L'acte d'accusation. Numerama a décortiqué l'acte d'accusation et explique que les enquêteurs du FBI ont eu accès aux communications et aux emails de dirigeants de Megaupload. Ils auraient découvert que la plate-forme de téléchargement rémunéraient des internautes qui «uploadaient» des vidéos.
«Par exemple, l'un des bénéficiaires a touché 100 dollars pour avoir uploadé une dizaine de DVD rips de films populaires, quelques films pornographiques et des générateurs de clés pour des logiciels piratés. Un uploader a reçu à lui seul 55 000 dollars», écrit le site. Entre mars 2007 et juillet 2010, Megaupload aurait ainsi reversé 9 millions de dollars à des internautes.
En savoir plus: les 72 pages de l'acte d'accusation
8h45. Megaupload invité du Sénat. Le 11 janvier dernier, Megaupload a participé à un débat au Sénat intitulé «Comment concilier liberté de l'Internet et rémunération des créateurs ?» Emmanuel Gadaix, directeur des opérations du site, commence son intervention ainsi: «Nous sommes une société légale, déclarait-il. Nous n'avons jamais été poursuivis en justice, dans aucune juridiction».
8h35. L'affaire Megaupload, star de Twitter. Sans surprise, la fermeture de Megaupload fait bouillonner Twitter. #megaupload, #Anonymous, #FBI, #Fileserve sont présents dans les «trending topics» (les dix sujets les plus évoqués à un instant donné)
8h20. Nicolas Dupont-Aignan attaque Sarkozy. NDA accuse: «Le chef de l'Etat tombe en réalité le masque des intérêts qu'il défend, ceux des majors, et semble oublier la solution de la licence globale qui permettrait la légalisation du téléchargement tout en protégeant les auteurs. Il n’y a en effet pas de raison que cela soit toujours les citoyens qui payent pour accéder à la culture alors que les intermédiaires commerciaux s’enrichissent.»
Sur Megaupload en particulier, le candidat à l'élection présidentielle prend de la hauteur: «Derrière les conditions et les circonstances de la fermeture du site américain MegaUpload se joue en réalité le futur de la liberté d’expression sur Internet. Ce soir, ce sont des milliers de contenus privés et personnels hébergés sur le site megaUpload qui ont été arbitrairement rendus inaccessibles».
7h50. «Absurde» pour Attali. Pour Jacques Attali, interrogé sur Europe1, la fermeture du site d'hébergement Megaupload par les autorités américaines «est une absurdité». «C’est une grande bataille pour savoir si on va avoir une gratuité d’accès et une autre forme de rémunération pour les artistes. Je suis contre Hadopi, pour une autre rémunération pour les artistes, donc cette fermeture est une absurdité parce qu’elle va être relancée par d’autres qui vont remplacer».
7h40. En savoir plus: quand des stars hollywoodiennes soutenaient Megaupload
7h25. La «stupeur» du Parti Pirate. Pour Maxime Rouquet, coprésident du Parti Pirate, «cette affaire met en lumière la surenchère répressive autour du partage et de la diffusion de la culture. Au lieu de doter l'industrie du droit d'auteur de toujours plus de moyens répressifs, et de traiter comme un réseau de mafieux toute plateforme qui génère du profit en diffusant des oeuvres, il faudrait mettre en place un mécanisme simple et équitable pour que les auteurs et les artistes tirent profit de la diffusion commerciale de leurs oeuvres».
3 heures. La satisfaction de Nicolas Sarkozy. Le chef de l'Etat français souligne dans un communiqué «que la lutte contre les sites de téléchargement direct ou de streaming illégaux, qui fondent leur modèle commercial sur le piratage des oeuvres, constitue une impérieuse nécessité pour la préservation de la diversité culturelle et le renouvellement de la création».
Minuit. La réplique d'Anonymous. Le collectif de pirates Anonymous annonce sur Twitter avoir mis hors service les sites du ministère de la Justice américain, de la maison de disque Universal Music et de l'association professionnelle du disque RIAA.
23h15. Coup de tonnerre. La justice américaine a ordonné la fermeture du site Megaupload.com, une des plus importantes plateformes de partage de fichiers sur internet, et poursuit sept de ses employés pour violation des droits d'auteur, annoncent les autorités américaines.
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