RESSOURCES BTVS - Les vampires
Analyse du Mythe :
Comme nous le verrons au fur et à mesure de notre
enquête, le vampire prend des formes et des noms différents
selon les époques et les cultures. (Ce dossier ne se veut donc
pas exhaustif). En effet, les vampires sont bien antérieurs à
Bram Stoker. On les retrouve dès l'Antiquité, bien qu'ils
soient assez différents de nos vampires modernes et sont, à
l'époque, souvent confondus avec leurs cousines les goules ou
autres loups-garous. On peut dans la mythologie égyptienne associer
la déesse Sakhmet au vampirisme. Elle était la déesse
du sang et de la guerre. Avide de sang, elle provoquait la guerre pour
se repaître du sang des guerriers. Chez les Assyriens, Lilith
était un démon femelle, mère des vampires et des
sorcières. Elle serait selon la tradition hébraïque
la première "vraie" femme, tentatrice, sensuelle, vénale
alors qu'Eve n'était que la femme mère. En Grèce
ancienne, on parle aussi d' "Ombres" créatures décédées
qui reviennent de l'Hadès pour boire le sang des vivants afin
de revenir à la vie (Homère).
Mais c'est surtout vers le Xème siècle que la peur des
vampires se propage en Europe. Dès le XI ème siècle
des ouvrages parlent de morts sortis de leur tombe pour sucer le sang
des vivants, mythe alimenté par l'Église qui commence
dans le même temps à brûler ses premières
sorcières. On commence en Europe Centrale à clouer les
morts au fond de leur cercueil pour leur éviter de revenir, comme
en témoigne les fouilles archéologiques. Les vampires
sont alors accusés des pires maux : ils ne se contentent plus
de tuer les vivants en buvant leur sang, ils propagent aussi la peste
! Le sujet est tellement pris au sérieux que les forces de l'ordre
sont souvent intervenues pour déterrer des morts douteux et les
éliminer définitivement.
Le mot vampire n'est apparu en français qu'aux alentours
de 1732, c'est à partir de ce moment que des traités le
différencient véritablement des goules et autres stryges.
Et depuis le mythe a survécu et s'est même amplifié
avec Bram Stoker qui la remis au goût du jour en 1897 avec son
Dracula.
Quelques vampires à travers le monde :
L'asanbosam en Afrique
Le krvopijac en Bulgarie
Le mulo en Serbie
Le nosférat en Europe Centrale
Le strigoï en Roumanie...
- Une définition générale :
- Caractéristiques du vampire :
- Distanciation par rapport aux autres créatures semblables :
- Comment devient-on vampire et comment s'en préserver ?
- Comment se défendre d'un vampire ?
- Un renouveau du mythe :
- Quelques figures célèbres du vampirisme :
- Deux explications rationnelles :
- Une autre forme de vampirisme : Le vampirisme psychique :
- Mon intérêt pour le mythe :
- Ce que les éléments du mythe représentent pour moi :
- Comprendre mon intérêt pour le mythe :
- Sources: Essais sur le vampirisme :
- Pour aller plus loin...les indispensables :
Vampire n.m. (de l'allemand Vampir ). Mort qui, suivant la superstition populaire, sort du tombeau pour sucer le sang des vivants. In Le petit Larousse illustré.
Elles varient souvent suivant les cultures et, de ce
fait, la liste suivante n'est pas exhaustive.
On peut regrouper les vampires en deux groupes : le vampire ayant une
âme et celui n'en ayant pas. Le premier a gardé après
son décès et sa "résurrection" l'âme
qu'il avait de son vivant. Le second a perdu son âme après
son décès et celle d'un démon a pris place dans
son corps, il a donc une âme mais pas au sens "chrétien"
du terme.
Il s'agit en suite d'étudier la condition du vampire par rapport
à la mort. Tout d'abord tous les vampires ne sont pas "morts"
(tout en restant relatif sur les termes). En effet, on peut naître
vampire et sucer le sang des humains de son vivant sachant que cette
personne même si elle est vivante n'est pas humaine. Selon la
tradition naissent vampires les enfants qui ont été maudits
à la naissance, les enfants enfantés par une mère
s'étant accouplé avec le diable (l'ingestion de salive
étant suffisante). On trouve aussi les enfants étant nés
avec des cheveux, roux de surcroît (signe de malédiction
partagé par de nombreuses cultures, notamment l'Égypte
ancienne où un enfant roux était considéré
comme une réincarnation du dieu Seth, roux lui-même, divinité
perverse et tyrannique.). Enfin le 7 ème enfant d'un 7 ème
enfant avait lui aussi de "bonnes chances" d'être un
vampire. Si ces conditions ont été édictées
par l'Église, on peut se demander pourquoi le chiffre 7, sacré
chez les chrétiens (tout comme les Égyptiens, les Sumériens...)
revêt ici une dimension maléfique. On peut imaginer que
si le 7 représente la perfection, 7x7, le carré de la
perfection, traduit chez l'homme la recherche de la perfection absolue
supérieure à Dieu. On peut comprendre alors que l'Église
punisse alors par le vampirisme la vanité humaine.
Cependant la plupart des vampires sont morts. Ou ils semblent l'être,
dans la mesure où pour certaines cultures et religions, le vampire
(corps sorti du tombeau) n'est ni vivant, ni mort : il se trouve dans
un état intermédiaire et ne rejoindra la mort et le repos
que lorsqu'il aura été "réparé"
(rituel qui consiste à éliminer définitivement
le vampire). On parle alors de "non-morts", comme les désigne
Stocker. Nous reviendrons plus tard sur ce qui fait qu'un humain devienne
vampire après son décès.
Ce qui différencie le vampire des autres créatures et
fait sa nature c'est le fait qu'il boive le sang des vivants. A ce titre,
on peut noter que la morsure au cou n'est pas toujours nécessaire,
certains vampires étant particulièrement adroits au point
de pouvoir aspirer le sang de leurs victimes à travers la peau,
sans y planter les dents. C'est grâce à ce sang qu'il se
régénère et entretient sa force.
Le vampire est polymorphe, c'est-à-dire qu'il peut prendre plusieurs
formes notamment le brouillard (un moyen facile pour sortir de son tombeau).
Si la transformation en chauve-souris a été popularisée
par le cinéma, cette croyance ne se trouve que dans certaines
tribus africaines. Il peut aussi commander aux animaux inférieurs
(rats, insectes) et aux animaux considérés comme malfaisant
(loups, serpents) par la seule force de la pensée.
Si le vampire est considéré comme une créature
de la nuit, ceci n'est vrai partout. Certains vampires peuvent se promener
le jour, mais leur force réputée hors du commun est sérieusement
amenuisée, et il devient très vulnérable (il ne
peut plus notamment changer de forme). A noter que dans les romans modernes
(Poppy Z. Brite) les vampires s'amusent nuit et jours. Cependant la
plupart du temps les vampires ne sortent que la nuit, comme les autres
créatures dites maléfiques. Ce phénomène
repose sur une division manichéenne du monde : les "bons"
vivent le jour au soleil, source de vie, alors que les "méchants"
sont condamnés à errer la nuit. On retrouve ici la peur
du noir, peur que le soleil, astre de vie, ne réapparaisse pas
au petit matin et que le monde soit plongé à jamais dans
les ténèbres. Les deux mondes sont donc bien distincts
et ne peuvent se mélanger sauf à deux reprises dans l'année,
la nuit de Walpurgis (30 Avril) et Halloween (31 Octobre) où
les démons et vampires envahissent le monde des vivants, toutefois
les vampires peuvent aussi profiter des éclipses solaires et
des sabbats sorciers pour sortir en toute quiétude. D'ailleurs
une légende roumaine veut que les vampires vivent sur la lune.
Les vampires se différencient aussi des humains par leur force
physique exceptionnelle, alors qu'il semble que leur intelligence soit
inhérente à leur vie passée. Bien qu'enterrés
et "morts", ils conservent leur vitalité avec des joues
bien roses et des lèvres empourprées par le sang de leurs
victimes. Les cheveux du vampire ainsi que ces ongles continuent de
pousser et restent vigoureux.
Le vampire possède aussi quelques autres petites particularités
: il ne se reflète pas dans les miroirs. On peut expliquer ce
phénomène par l'absence d'âme pure pour ceux chez
qui l'âme d'un démon a pris place dans leur corps. En effet,
le miroir est le reflet de l'âme, donc pas d'âme, pas de
reflet. Cependant cette explication n'est pas valable pour ceux ayant
conservé leur véritable âme.
Les vampires, en général, ne peuvent pas non plus entrer
dans une maison s'ils n'ont été au préalable invités
par un de ses habitants, sauf la leur et les lieux publics. Pour renforcer
ce pouvoir de protection de la maison, il n'était pas rare que
les habitants brûlent des herbes ou accrochent des pentacles à
l'entrée.
On pourra aussi noter ces deux anecdotes étranges : un vampire
ne peut passer l'eau qui court (sauf en bateau), car elle représente
la vie. Enfin le vampire chinois (Ch'ing Shih) est maniaco-compulsif
: il ne peut s'empêcher de compter et de ranger ce qui traîne
(grains de riz, confettis..) !
Il convient de différencier le vampire des autres
créatures avec lequel on pourrait le confondre.
Le loup-garou : Le loup-garou est un humain, vivant, qui se change en
loup les nuits de pleine lune et à l'occasion dévore tout
ce qu'il rencontre (humains, lapins, moutons...).
Les succubes et incubes : Démons respectivement femelles et mâles.
Ils prennent l'énergie de leur victime pendant l'acte sexuel.
Il en résulte pour ces derniers une mort violente due à
l'intensité de l'acte. Les succubes et incubes peuvent prendre
alternativement un sexe ou un autre.
Les stryges : Il s'agit de sorcières décédées,
plutôt facétieuses, elles se contentent de jouer des tours
aux humains pendant leur sommeil pour se venger de l'intolérance
dont ils ont fait preuve à leur égard alors qu'elles étaient
encore vivantes.
Les goules : Démons d'allure cadavérique et repoussante,
elles déterrent les cadavres pour les manger. Plutôt nécrophiles,
elles ne tuent les humains pour les manger que si les cadavres viennent
à manquer.
On a déjà vu comment on peut naître
vampire. Cependant il existe d'autres moyens pour une personne de devenir
vampire, notamment après son décès. Tout d'abord
le moyen le plus répandu et le plus connu est le baptême
vampirique (seul moyen de perpétuer l'espèce) : Si la
victime mordue par le vampire boit à son tour le sang de son
vampire agresseur, elle décède et se réveillera
vampire. Il semble que la quantité de sang échangé
soit déterminante car si le vampire prend trop de sang a sa victime
elle risque de ne pas devenir vampire, ne pouvant pas être suffisamment
régénérée par le sang de son agresseur.
Cependant on n'en connaît pas les proportions précises.
Un loup-garou risque aussi fortement de devenir vampire après
sa mort : il n'y a donc pour lui aucun espoir de quitter sa triste condition.
Sont aussi susceptibles de devenir des vampires après leur mort
: les personnes mortes excommuniées, les suicidés (interdit
par la religion catholique car seul Dieu a droit de vie et de mort),
les personnes n'ayant pu être baptisée avant leur mort
mais en ayant exprimé le souhait, et les sorcières bien
qu'elles deviennent plutôt des stryges.
En l'an 909 le Frère Constantin de Bavière a recensé
les moyens de se préserver d'un tel sort et en a recensé
1100 ! On constate que les causes de transformation ont souvent un rapport
à la religion. Le vampirisme a souvent été un moyen
pour l'Église de faire respecter ses préceptes en menaçant
la population d'une malédiction éternelle (car est-il
nécessaire de rappeler que le vampire est éternel, à
moins que quelqu'un n'intervienne pour mettre fin à son existence.).
Ainsi pour se protéger d'une telle métamorphose, on prendra
soin de respecter les principaux préceptes religieux afin de
ne pas se faire excommunier, on évitera les comportements à
risque (fréquenter des vampires), et le suicide.
Cependant s'il est trop tard pour vous, votre famille peut encore intervenir
après votre mort. Dès la mort, on devait voiler les miroirs
de peur que l'âme du mort en sortant du corps, soit pris au piège
par les miroirs et en s'en libérant ne veuillent retourner dans
le corps et le ressusciter. Au moment de l'enterrement, il n'était
pas rare (et ces traditions existent encore dans certaines provinces
de l'Europe de l'Est bien qu'elles soient interdites) que les morts
soient enterrés à l'envers (face vers le sol), ainsi si
le vampire se réveille, en creusant vers ce qu'il croit être
l'air libre pour sortir, il s'enfonce dans la terre et se perd. On enterrait
aussi les excommuniés aux carrefours, en pensant qu'à
son réveil il prendrait le mauvais chemin et ne saurait pas retrouver
son village (mais irait mordre les habitants du village voisin). Enfin,
on peignait l'intérieur des cercueils en rouge ou on laissait
dans les tombes des fleurs rouges, espérant que le vampire se
contenterait de ces substituts de sang et abandonnerai l'idée
de sortir de sa tombe pour trouver des victimes humaines.
Si les vampires sont éternels on peut toutefois
s'en débarrasser définitivement en faisant preuve d'un
peu de courage : il s'agit du rituel de réparation : On plante
un pieu en bois dans le cœur du vampire, puis on lui coupe la tête
que l'on remplira d'ail. Mieux vaut donc profiter du sommeil de la victime
pour accomplir cette tâche. Ce rituel varie selon les cultures,
en effet pour certaines le pieu doit être en peuplier (aussi utilisé
pour fabriquer les baguettes de sorciers), pour d'autres le pieu ne
doit en aucun cas être retiré du cœur. On peut noter
qu'un tel rituel tuerait n'importe qui : vampire comme humain. Séparer
la tête du corps symbolise la séparation du corps et de
l'âme (de la vie spirituelle et physique) permettant ainsi à
cette dernière de trouver le repos éternel. De même
si la tête symbolise l'âme, le cœur en est le réceptacle,
d'où le pieu.
En revanche le vampire craint certaines choses tout à fait inoffensives
pour un humain. Si le courage vous manque pour effectuer la réparation,
vous pouvez toujours essayer d'exposer le vampire au soleil jusqu'à
son explosion (bien que certains ne le craignent pas). On peut utiliser
différents objets pour repousser un vampire :
La croix, symbole de l'Église qui l'a excommunié et maudit
: le combat de Dieu contre Satan, bien que souvent il soit dit que les
vampires n'ont ni Dieu, ni maître : ils ne servent pas plus Satan
qu'ils ne servent Dieu.
L'eau bénite, toujours pour les mêmes raisons, brûle
les vampires et les tue s'ils en ingèrent (ce qui est assez rare).
L'Église a longtemps avancé l'argument selon lequel elle
seule pouvait sauver les humains du démon et de ses sbires.
On peut aussi utiliser l'ail (réputé en magie pour chasser
les esprits malfaisants). Les roses sauvages (assez vivace en Roumanie)
les repoussent aussi mais sans raison apparente. En revanche contrairement
à la croyance, les balles en argent n'ont aucun effet : elles
ne tuent que les loups-garous.
Depuis Bram Stoker et son Dracula, le vampire
n'a cessé de gagner en popularité, et le mythe s'est développé
à travers la littérature et le cinéma (cf. annexe)
tout au long du XX ème siècle. Le mythe originel a d'ailleurs
été modifié et adapté par les romanciers
et les scénaristes. Stoker a lui-même gravé dans
l'esprit collectif la transformation du vampire en chauve-souris ailleurs
que cette croyance était très peu répandue. Belà
Lugosi et Christopher Lee ont popularisé le vampire gominé
à la cape noire. Le seul point commun entre tous nos vampires
est le fait qu'il boive le sang des vivants. Chacun invente ses règles
sans tenir compte des autres : Les vampires d'Anne Rice n'ont pas le
droit de boire le sang des morts (comme les goules) sous peine de mourir,
ni de se tuer entre eux, sous peine de malédiction. En revanche,
dans Blade de Stephen Norrington, on retrouve un "gentil
vampire" qui tue ses frères de sang pour protéger
la race humaine. Si ces adaptations ont plus ou moins dénaturé
le vampire, elles lui ont pourtant donné ses lettres de noblesses,
et ont ravivé un mythe qui s'essoufflait.
En effet, Il n'a jamais été aussi vivace. Les vampires
ayant désormais leur série : Buffy contre les vampires.
Le créateur, Joss Whedon, respecte et reprend les règles
traditionnelles (pieu, croix, miroir...) et rejette la caricature du
vampire en smoking et cape : Le vampire whedonien s'habille de la même
manière que de son vivant. Il a, comme dans la tradition, perdu
son âme à sa mort, celle-ci ayant été remplacé
par l'âme d'un démon. Whedon évite aussi le cliché
"gentils humains" contre "méchants vampires"
: tout n'est pas blanc ou noir dans son monde. En revanche l'Église
n'est plus le seul salut : A chaque génération, il y a
une élue chargée de débarrasser la terre des vampires
et autres démons. S'il reprend l'idée des tueurs de vampires,
ce ne sont plus ici des prêtres. Par son mélange tradition-innovation,
Whedon a su renouveler le mythe et attirer à lui de nouveaux
adeptes.
Des personnes bien réelles ont donné naissance
à des légendes et des rumeurs à leur sujet contre
leur gré:
Dracula: (1430-1477) Sans doute le plus
célèbre des vampires malgré lui. De son vrai nom
le prince Vlad IV de Valachie, province de Roumanie (cf. annexe), il
avait pour surnom Tepes (l'empaleur) et pour titre Dracula. Ce titre
lui venait de son père Vlad III qui avait obtenu le titre de
Dracul lors de son intronisation au sein de l'ordre du dragon (société
ésotérique qui utilise la magie). En effet, Dracul
signifiait chevalier du dragon et Dracula le fils de Dracul. Cependant
Drac signifiant aussi démon, il
n'a pas fallu longtemps pour que l'histoire fasse le lien entre son
titre et ses actes sanguinaires et en fasse un vampire. Vlad IV, considéré
comme un héros par son peuple pour avoir libéré
la Valachie des envahisseurs turcs, n'en avait pas moins des méthodes
de guerre douteuses : Il avait coutume d'empaler ses ennemis et ses
soldats pour montrer à ses troupes ce que l'ennemi leur réserverait
en cas de défaite. Vlad IV mourut décapité ! Ses
restes reposeraient au monastère de Snagov en Roumanie.
La comtesse Erzebeth Bathory : (1560-1615)
Pendant 10 ans, elle but et se baigna dans le sang de jeunes filles
(recrutées comme dame de compagnie) retenues prisonnières
de son château, espérant ainsi garder la jeunesse et la
beauté éternelles. Les jeunes filles exsanguinées
encore vivantes, étaient enterrées dans les caves, mais
des cadavres se sont égarés et furent découverts
par les habitants des villes voisines de son château (Carpates).
Jugée en 1611, son rang lui évita la peine de mort, mais
elle fut condamnée à vivre emmurée dans son château.
On raconte que plusieurs semaines après son décès,
sa beauté était intacte et qu'elle serait devenue un véritable
vampire. On estime entre 300 et 600 le nombre de jeunes filles sacrifiées.
Bram Stoker :Le célèbre
auteur de Dracula n'aurait pas été un vampire
mais en aurait été victime. Stoker faisait partie de la
Golden Dawn société ésotérique qui pratique
la magie (Comme Vlad IV faisait parti de l'ordre du Dragon). Stoker
mourut de façon étrange. Le médecin, ne trouvant
pas de cause, l'a déclaré mort de fatigue, et selon ses
proches il manifestait depuis quelques temps une extrême langueur
alors qu'il ne souffrait pas d'insomnies. On retrouve là la cause
de la mort de victimes des vampires, amenuisées jour après
jour par la perte de sang !
Enfin, si certains ne sont pas devenus légendaires, ils se sont
pris pour des vampires et ont adopté leurs modes de vie. Plus
que les livres d'histoires, ils ont surtout fait la une des journaux
:
Le vampire de Hanovre, Fritz Harmann,
fut décapité en 1925 pour avoir tué 27 personnes
après les avoir mordus et avoir bu leur sang.
Le vampire de Düsseldorf, M. Kuerten,
fut accusé d'avoir tué et bu le sang de 29 jeunes filles.
Le vampire de Londres, John Haight, fut
pendu en 1949 pour avoir tuer 9 personnes afin de boire leur sang.
Le vampire de Nuremberg commença,
lui, par boire le sang des morts avant de s'attaquer à des vivants.
Afin de rassurer les populations, la science et la
médecine ont cherché au XXème siècle à
expliquer les cas de vampirisme de manière rationnelle.
Une première explication : La Porphyrie : Cette maladie qui touche
la peau et le sang rend la chair sensible aux rayons du soleil et transforme
le 'hème' un composant du sang en une toxine. Quand les symptômes
s'aggravent la peau noircit et des lésions apparaissent ? Les
gencives se rétractent faisant paraître les dents plus
développées que la moyenne. Les malades évitent
donc de sortir le jour, et s'il existe désormais des médicaments,
à une certaine époque on faisait boire du sang d'animaux
aux malades pour purifier et diluer leur sang qui portait la maladie.
Considérés comme étant des vampires, beaucoup d'innocents
furent brûlé par l'Église, ce qui a développé
la peur de la croix. La porphyrie touche une personne sur 100.000. (théorie
avancée par Wayne Tikkanen et David Dolphin, biochimistes.).
Une seconde explication : Lors des grandes épidémies de
famine en Europe, face au grand nombre de morts, on enterrait rapidement
les cadavres sans vérifier s'ils étaient vraiment morts.
Or certains d'entre eux n'étaient qu'inconscients, dans le coma.
Lorsqu'ils se réveillaient 1 à 2 jours après leur
enterrement, ils se débattaient, provoquant des bruits sourds
semblant venir d'outre-tombe. Dans leur lutte pour sortir de leur cercueil,
ils se blessaient avec des échardes de bois et de rage se mutilait
volontairement d'où des taches de sang sur leurs vêtements.
Ils mouraient d'épuisement et d'étouffement. Quand on
rouvrait les cercueils, on trouvait une personne très maigre
(due à la famine), couverte de sang (les blessures),, et dont
le corps ne s'était pas encore altéré (car véritablement
mort depuis moins de temps qu'on ne le pensait ).
On ne peut toutefois limiter le vampire au suceur de sang. Moins "folklorique", il existe aussi un vampirisme psychique, notamment dans le domaine de la magie. Le vampire en question ne suce pas le sang de ses victimes, mais leur volent leur énergie par leur simple présence, ou à distance par l'intermédiaire d'un sort ou rituel. Ce phénomène peut être inconscient, le vampire ne sachant pas qu'il vole l'énergie de ses proches, mais peut aussi être volontaire et malfaisant. Le vampire entretient sa vitalité en volant celle des autres et les victimes s'affaiblissent de jour en jour. Cet état de grande fatigue peut aller, selon certains, jusqu'à la déprime voire la dépression. Il n'existe a priori pas de remède et de protection à ce mal si ce n'est l'utilisation de la magie à des fins protectrices.
Mon rapport au Mythe :
Si j'ai choisi le thème du vampire pour ce dossier, ce n'est pas par hasard. Il s'est imposé à moi comme une évidence. J'ai choisi ce thème afin d'essayer de comprendre pourquoi je m'intéresse au vampirisme depuis mon enfance. Certaines personnes aiment les histoires de vampires pour se faire peur, mais justement, si je suis fascinée par ce mythe, je n'en ai pas peur. Je ne me raconte pas pour autant des histoires de gentils vampires pour me rassurer dans le noir. J'ai maintenant une assez longue culture vampirique derrière moi (essais, romans, traités, films) au point d'en rêver la nuit mais je n'ai jamais été effrayée. Je ne me sens pas en danger, certes parce que contrairement à ce que beaucoup de gens pensent, je ne crois pas aux vampires. Mais même oniriquement entourée de vampires sanguinaires et violents, je me sens en sécurité, je ne crains pas pour ma vie, rien ne peut m'arriver. Et c'est justement ce que j'aimerais essayer de comprendre, pourquoi je suis attirée sans être effrayée par ce mythe.
Nous avons déjà analysé dans la
1 ère partie certains symboles du vampirisme, je vais essayer
de voir ici, à travers ces symboles, le pourquoi de mon intérêt.
Tout d'abord, un vampire n'est pas foncièrement un monstre (
non au sens premier: qui n'est pas humain mais au sens vulgarisé).
Certes, il commet des actes atroces, mais c'est justement plus ces actes
qui font passer le vampire pour un monstre, que le vampire lui-même.
Le vampire peut être comparé à un assassin sanguinaire
sans scrupules comme ceux évoqués plus haut (cf. I.7),
mais toute la différence réside dans le fait que ces assassins
tuent par plaisir alors que les vampires n'ont pas d'autres choix s'ils
veulent survivre. C'est leur anathème : ils ne peuvent vivre
impunément éternellement, il faut bien une contrepartie,
en l'occurrence, prendre la vie des autres pour sauver la sienne. Les
vampires ne tuent pas par cruauté, même s'ils le font parfois
de manière cruelle (Ont-ils le choix ?), mais par nécessité
: sauver son existence et perpétuer la race (dans la mesure où
le baptême vampirique est leur seul mode de reproduction.) . Louis,
le personnage d'Anne Rice caractérise bien ce dilemme vampirique
: vivre et laisser mourir ou mourir et laisser vivre. N'est ce pas le
choix le plus affreux qu'un homme puisse faire ? Le rêve de l'homme,
l'éternité, changé en cauchemar : c'est ce qui
pousse beaucoup de vampires littéraires et cinématographiques
au suicide : Addhéma (Les drames de la mort de Paul
Féval), Angel (Buffy contre les vampires de
Joss Whedon ) ou la mélancolie de Louis (Entretien avec un
vampire d'Anne Rice).
Le vampire est aussi une sorte de Dieu : Il est tout et rien en même
temps : Il n'est ni mort, ni vivant. (rejeté par chacun des deux
mondes) mais représente en même temps la vie et la mort.
Il n'a pas de maître (si ce n'est son initiateur), pas de Dieu
: il n'appartient pas plus à Satan qu'à Dieu. Il n'a de
comptes à rendre à personne. Même si certains vampires
peuvent être stupides, inexpérimentés et manipulés
par leur maître (cf. Le retour de Dracula de Freda Warrington),
l'idéal vampirique reste quand même un être supérieur,
fort et invincible. Ce qui explique tout à fait la fascination
que le vampire peut exercer sur certaines personnes et notamment ses
victimes.
En effet, on remarque que les victimes des vampires se débattent
rarement. A partir du moment où elles sont enserrées par
le vampire, elles restent figées attendant la morsure au lieu
d'essayer de se dégager, comme si ce baiser était inéluctable
et désiré. Le vampire aurait-il un pouvoir apaisant ou
hypnotique, à moins qu'il ne cristallise l'attente de tout être
humain : l'immortalité ? En un sens l'homme ne devrait pas avoir
peur du vampire puisqu'il lui offre la beauté et la jeunesse
éternelle. Je pense que la peur du vampire vient du fait que
l'homme ne peut jamais être sûr que le vampire lui donnera
la vie éternelle et non la mort. Le vampire est plutôt
considéré comme un manipulateur, après tout il
n'a pas un intérêt spécial à rendre service
et à sympathiser avec le genre humain, et donc comment lui faire
confiance ? Je pourrais rapprocher cela avec la peur des chats. Beaucoup
de gens qui ont peur des chats avouent que c'est parce que le chat est
un animal machiavélique dont on ne peut prévoir ce qu'il
va faire. Au contraire, moi, j'adore les chats et c'est justement ce
qui me rassure et m'intéresse chez eux, ce côté
cyclothymique. On a plus de mérite à domestiquer un chat,
si tant est qu'on le puisse, qu'à le fuir. Je n'ai pas confiance
en les chats dont je m'occupe (les chats errants de mon quartier), puisque
justement ce sont des chats et qu'ils peuvent devenir agressifs, mais
je sais à l'avance quand leur comportement changera. C'est la
même chose avec les vampires, les hommes en ont peur parce qu'ils
n'ont pas de maîtrise sur eux, d'où le développement
logarithmique de moyens supposés se protéger du vampire
apportés par la religion et dont nous avons déjà
parlé.
Il y a à mon sens une magie dans le vampirisme. Si on excepte
les films "gore" qui ont fleurit ces dernières décennies,
il y a chez le vampire un certain intérêt pour sa victime
dans la mesure où celle-ci ne semble pas souffrir de la morsure
dans le cou. Celle-ci s'apparente plutôt à un baiser, parfois
violent et douloureux, mais jamais repoussé. Le baiser dans le
cou a pris une dimension sensuelle et sexuelle, alors qu'à mon
avis il n'était que le symbole de la perversion de la victime
consentante. Le cou est ce qui unit le corps et la tête, donc
le corps et l'âme. Ce baiser dans le cou symbolise la rupture
entre les deux, l'âme est désormais maudite et ne trouvera
jamais le repos. Il n'y a rien de très sensuel là-dedans,
mais l'homme a réussi à modeler le mythe de manière
à se rassurer, à en avoir moins peur, et à trouver
une excuse à cette alliance maléfique. C'est mal de se
laisser posséder par le vampire, mais l'homme ne peut culpabiliser
: il a laissé parler ses sens et n'a pu résister au baiser
maudit. On passe d'une volonté d'être éternel (qui
est vanité) et donc mordu à un "je ne voulais pas
mais je n'ai rien pu faire parce que le vampire s'est servi de quelque
chose auquel on ne peut résister pour me posséder : il
a triché". On adoucit, voire annihile par ce moyen le fait
que la victime veuille être mordue (et n'était donc pas
si victime que cela). On est mordu parce qu'on y consent, ce qui explique
que la victime ne se défende pas.
Si je suis intéressée et fascinée
par les vampires, c'est, à mon avis, avant tout parce qu'ils
symbolisent la perfection en étant tout et rien à la fois.
Ils sont libres de toute contrainte face aux autres, ce qui est à
mon sens une des choses les plus précieuses à mes yeux.
Ensuite les vampires symbolisent la quête éternelle de
l'homme : l'immortalité, en ce sens on ne peut être insensible
au mythe : on se sent concerné. Mais il y a aussi cette dualité
et cette tragédie dans le vampirisme entre sa survie et celle
de sa victime. Jusqu'où l'homme peut aller pour accéder
à l'immortalité. Et on découvre souvent que le
plus monstrueux des deux, n'est pas celui que l'on croit : l'homme est
prêt à se damner et à tuer ses proches pour obtenir
l'immortalité, alors que bien souvent le vampire aimerait revenir
en arrière pour inverser le cours des choses pour éviter
de vivre avec un tel poids. Cela nous montre aussi que tout à
un prix et que le paradis n'existe pas puisque justement il est payant.
En ce qui concerne le fait que je n'aie pas peur des vampires, c'est
d'abord le fait que je sache ce que ce mythe représente : Le
vampire n'est ni plus ni moins que les peurs et en même temps
les souhaits de l'homme, il est donc l'homme. Ce qui paraît donc
nous être inconnu est en fait ce qui nous est le plus familier
: nous. Il n'y a donc pas à avoir peur. Enfin, je n'ai pas peur
des vampires parce que je sais que je ne veux pas être mordue.
Comme on l'a vu, si on est mordu c'est parce que quelque part on le
souhaite, donc ne voulant pas être mordue, je ne risque rien et
donc je n'ai pas peur.
Annexes:
Eloïse MOZZANI. Le Livre des Superstitions.
1995
Claude LECOUTEUX. Les Vampires : Autopsie d'un Mythe. Imago
1999
Dom CALMET. Dissertation sur les Revenants en Corps, les Excommuniés,
les Oupires ou Vampires.... (1751) Ed. Jérôme Million
1998
Manuela Dunn MASCETTI . Vampire:the Ccomplete Guide to the World
of the Undead. 1992
Roland VILLENEUVE. Loups-garous et Vampires. J'ai Lu 1971
Paul BARBER. Vampires Burial and Death: Folklore and Reality.
Yale University Press 1988.
Parmi les nombreux ouvrages consacrés aux thèmes,
on pourra lire :Les Essais :
Jean-Paul BOURRE. Le Culte du Vampire aujourd'hui. Lefeuvre
1978
COLLOQUE DE CERISY. Les Vampires. Albin Michel 1992
A. CREMENE. Mythologie du Vampire en Roumanie. Rocher 1981
Jean MARIGNY. Sang pour Sang, le Réveil des Vampires.
Gallimard
MARIGNY, SILHOL & POZZUOLI. Le Vampire : Portrait d'une Ombre.
Oxymore 1999
Michael RANFT. De Masticatione Mortuorum in Tumulis. (1728)
Traduit du latin chez J.Millon 1995
Elizabeth CAMPOS & Richard D. NOLANE. La Chair et le Sang: Vampires
et Vampirisme. CGR 1994.
Romans:
Bram STOCKER. Dracula 1897
Théophile GAUTIER. La Morte Amoureuse 1836
Sheridan LE FANU. Carmilla 1872
Léon TOLSTOI. Oupires 1841
JH. ROSNY. La Jeune Vampire 1920 Anne RICE. Entretien avec
un Vampire (1976) ; Lestat le Vampire (1985) ; La
Reine des Damnés (1990) ; Armand (1999)
John POLIDORI. Le Vampire 1819
Jean RAY. Le Gardien du Cimetière 1919
ANTHOLOGIE. Vampire Story Fleuve Noir 1994
ANTHOLOGIE. Dernières Nouvelles de Dracula Pocket 1996.
Quelques films...
1922. Nosferatu film allemand de F.W. Murnau (1h40 NB)
1931. Dracula film américain de T. Browning (1h35 NB)
avec Belà Lugosi
1958. Dracula film britannique de T. Fisher (1h20) avec Christopher
Lee et ses suites.
1987. La Génération Perdue de J. Schumacher (1h37)
1992. Bram's Stoker Dracula film américain de F.F. Coppola
(2h10)
1994. Entretien avec un Vampire film américain de N.
Jordan (2h)
1995: Une nuit en enfer film américain de Q. Tarantino
(1h40)
1997. Vampires film américain de J. Carpenter (1h40).
Dessins animés...
1985. Vampires à la Havane D.A. cubain de Juan Padron
(1h15)
1988. Vampire Princess Miyu (Japon, 1h40).
Et séries télés traitant
du vampirisme :
1994. The X Files : Les vampires (épisode 7 de la 2ème
saison) créé par Chris Carter
1997. The X Files : Le shérif avait les dents longues (épisode
12 de la 5ème saison)
Buffy contre les Vampires série créée
par Joss Whedon.
Revues:
Requiem disponible auprès de: Cercle d'études
vampiriques c/o Mme Silhol, 5 rue Jacques d'Aragon, 34000 Montpellier.
Vampire Dark News disponible auprès de: Association
Vampire Story, 22 allée Claude Monet, 92300 Levallois-Perret.
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